Comment structurer son patrimoine avant d’investir ?

Par où commencer pour construire son patrimoine ? Faut-il acheter sa résidence principale avant d’investir ? Combien conserver en épargne de précaution et quand commencer à placer son argent ? Avant de chercher le meilleur investissement, il faut surtout mettre les choses dans le bon ordre.

Investir, c’est comme faire sa valise : si vous commencez par empiler les crèmes solaires et les chaussures sans vérifier vos papiers et vos billets, vous risquez de rater l’avion.

Construire un patrimoine sain et solide suit un peu la même logique. On peut avoir très envie de parler Bourse, immobilier, assurance-vie ou private equity (et croyez-moi, moi aussi), mais certaines questions doivent être réglées avant d’arriver dans l’univers de l’investissement.

Alors, par où commencer ?

1. Le logement : le point de départ de la réflexion patrimoniale

« Comment est-ce que je souhaite me loger ? » est l’une des premières questions à se poser lorsqu’on commence à structurer son patrimoine.

Et contrairement à une idée assez répandue, la réponse n’est pas nécessairement « en devenant propriétaire ». Certains souhaitent acheter leur résidence principale, d’autres préfèrent rester locataires, par choix de vie, besoin de mobilité ou tout simplement parce que cela leur convient mieux. Il n’y a rien de problématique à cela.

Ce qui compte, c’est que la question du toit au-dessus de votre tête soit sécurisée et cohérente avec vos projets. Si vous souhaitez rester locataire durablement, très bien : on peut construire le reste de votre patrimoine en conséquence. Si vous envisagez d’acheter, en revanche, il faut anticiper l’échéance, l’apport nécessaire et la capacité d’emprunt à préserver.

Ce sont des questions à régler avant de mobiliser une partie importante de son épargne dans d’autres investissements.

2. L’épargne de précaution : le matelas de sécurité

Une fois la question du logement posée, deuxième étage : l’épargne de précaution.

C’est votre réserve pour les dépenses importantes et les imprévus du quotidien : impôts, travaux, voiture… ou la clim qui choisit évidemment de tomber en panne en pleine canicule, pile quand le réparateur est en congés.

Combien faut-il conserver ? Il n’existe pas de montant universel, mais on conseille généralement l’équivalent de 3 à 6 mois de revenus ou 6 à 12 mois de charges, à adapter à votre situation et à votre tolérance personnelle au stress.

Cet argent n’a pas vocation à rechercher une forte rentabilité. Il doit avant tout être sécurisé et immédiatement disponible, sur des livrets réglementés par exemple.

Et oui, dans cette partie-là de votre patrimoine, le Livret A reste votre meilleur ami.

3. Une fois les fondations posées, place à l’investissement

Bienvenue chez moi ☺ .

Lorsque vos besoins à court terme sont anticipés et que votre épargne de précaution est constituée, on peut commencer à investir l’argent dont vous n’avez pas besoin immédiatement pour construire votre patrimoine sur le long terme.

C’est là que les possibilités deviennent nombreuses : assurance-vie, PER, Bourse, obligations, immobilier, SCPI, private equity… Le choix dépendra notamment de vos objectifs, de votre horizon de placement et du niveau de risque que vous êtes prêt à accepter.

Préparer sa retraite, financer les études de ses enfants, générer des revenus complémentaires, maîtriser sa fiscalité ou préparer une transmission ne conduisent évidemment pas aux mêmes investissements.

Il ne s’agit donc pas de chercher le meilleur placement, mais les investissements adaptés à ce que vous voulez faire.

Du plus sécurisé au plus risqué

Tous les investissements n’ont évidemment pas le même rôle dans un patrimoine.

Le fonds en euros, accessible notamment au sein d’une assurance-vie ou d’un contrat de capitalisation, permet par exemple de conserver une garantie en capital tout en recherchant davantage de rendement que sur une épargne immédiatement disponible.

Viennent ensuite les investissements qui supposent d’accepter davantage de fluctuations ou de contraintes en contrepartie d’un potentiel de rendement supérieur : actions, obligations, immobilier locatif, SCPI… Ils s’envisagent généralement sur un horizon plus long et doivent être choisis en fonction de votre profil de risque.

Enfin, les investissements alternatifs — or, cryptomonnaies, montres, vin, art, voitures de collection… — peuvent avoir leur place pour diversifier un patrimoine ou tout simplement parce qu’ils répondent à une passion. Mais ils viennent plutôt en complément, lorsque le reste est déjà bien structuré.

Alors, dans quel ordre construire son patrimoine ?

Il n’existe évidemment pas un patrimoine modèle que tout le monde devrait reproduire. Une personne qui souhaite acheter sa résidence principale dans un an ne structurera pas son épargne comme quelqu’un qui est déjà propriétaire ou qui a fait le choix de rester locataire durablement et dispose d’un horizon d’investissement de quinze ans.

La logique reste cependant la même : sécuriser la question de son logement, anticiper ses besoins à court terme, constituer une épargne de sécurité puis investir l’argent réellement disponible en fonction de ses projets. Sauter une étape peut fragiliser tout ce qui vient après.

Finalement, avant de chercher le placement le plus performant, le dernier investissement à la mode ou l’appartement qui semble être « une super affaire », mieux vaut vérifier qu’on a bien ses papiers et ses billets. Après seulement, on peut commencer à remplir la valise.

Yana Gondova - Gestionnaire de patrimoine Bouches-du-Rhône

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